Constructions

Loïc Gaume illustrateur auteur graphiste belgique bruxelles Constructions est une série de compositions dessinées, sans échelles, inspirées de cabanes, de cathédrales, d’échafaudages ou encore de granges réalisée à l’occasion du festival Picture.

Coédition le Mont Des Arts/Kunstberg et Les Détails éditions, 2019

«Constructions» est une série de compositions dessinées, sans échelles, inspirées de cabanes, de cathédrales, d’échafaudages ou encore de granges réalisée à l’occasion du festival Picture. 

Construction
– Action de construire.
– Manière dont une chose est construite.
– Terme de grammaire.
Arrangement des mots, place des termes et des propositions.
– Terme de géométrie.
Figure, ligne qu’on trace pour arriver à une démonstration.
Dictionnaire Littré

48 pages, tirage limité, impression offset

Une construction est une «opération qui consiste à assembler, à disposer les matériaux ou les différentes parties pour former un tout complexe et fonctionnel», et peut se rapporter à la grammaire, aux systèmes sociaux, aux mathématiques, à l’architecture, … L’auteur qui nous donne quelques définitions dès le départ, élargit dès l’abord le champ dans lequel pourraient se situer ses propositions. Alors on ouvre le livre au format carnet. Comme dans un carnet il s’agit d’une suite de dessins, rouges, jaunes, verts, noirs. Sources d’inspiration, notes, recherches et accumulations qui se constituent sur le temps. 

Loïc Gaume a travaillé ici au trait, représentant des assemblages, des structures, privilégiant le caractère brut de figures entre traits, planches ou kapla sur lesquels pourraient venir s’appuyer des matériaux de recouvrement si l’on se trouvait dans le cadre d’une cabane ou d’une demeure classique.

Mais ici, point d’obturation, ce qui intéresse Loïc Gaume, comme dans ses autres albums, c’est la structure, le processus. Dans ce livre tout est minimal, ouvert … et de guingois  Du déséquilibre nait un sentiment de fragilité, d’incertitude, de jeté dans l’inconnu. On retient son souffle pour éprouver «les potentialités du déséquilibre». Je pense au mouvement de L’Homme qui marche de Giacometti, aux bois de récupération assemblés de Tadashi Kawamata. 

Les constructions de Loïc Gaume, naïves, semblent animées d’une vitalité intérieure, comme celle des jeux d’enfant et de leurs abris faits de bric et de broc, compositions de temps à soi, de manières d’habiter. A la frontière entre cabanes, huttes, ponts, tours et cathédrales, l’inventivité et les élaborations complexes de l’auteur laissent le lecteur à la poursuite d’une mémoire personnelle. voir aussi pour le plaisir les Refuges d’art d’Andy Goldsworthy (…).

Francine Foulquier (01/2020)